visite sur l'île de Gorée
Le mercredi 18 Août : une visite sur l’île de Gorée
Petite cassure de notre routine habituelle, effectivement, aujourd’hui on déserte le chantier en plein milieu de la semaine pour une journée à Gorée. Lieu si symbolique que nous étions impatients d’y aller. Cependant, nous ne nous attendions pas du tout à ce que le trajet soit si impressionnant…
Au réveil, nous sommes tous motivés malgré la petite veillée d’hier et donc la fatigue qui en découle. Parés à partir et premier hic, la voiture qui devait nous y conduire nous fait faux bond, pris de court, un autre véhicule est dépêché tant bien que mal mais 100m plus loin on fait une halte pour réparer un problème sur le moteur. On patiente, on pense surtout aux minutes de sommeil qu’on aurait pu grappiller tout en gardant en tête notre destination du jour.
A peine repartis et voilà qu’on tombe au plein milieu d’un embouteillage. Auquel s’ajoute la pluie, de petites gouttes qui se transforment en un torrent démentiel. A ce moment, nos visages commencent à se rider légèrement. Qu’imaginer de plus, et bien une panne en plein milieu de l’embouteillage et dans l’intersection. Là ça devient chaotique, entre les klaxons, la police qui peste pour déplacer le véhicule et les tentatives de redémarrage du minibus avec l’aide de nos hommes qui le poussent tant bien que mal sous la pluie et dans la boue. On commence à repenser au bien fondé de la visite d’aujourd’hui. As et François persévèrent et luttent à travers les inondations et la tempête pour trouver un autre taxi. Une première équipe monte alors dans une voiture, un début de solution, reste à trouver encore un moyen de transport pour les restants.
Armés de patience et toujours dans la joie, le dernier groupe dont nous faisons parti traverse ce déluge pour monter dans un minibus qui roule cette fois. Direction l’embarcadère, par des rues inondées mais surtout des routes où on ne voit plus les trous, en gros, c’est les montagnes russes. On arrive finalement au point de rencontre bien trempés et avec un périple original en tête. Pour continuer dans la lancée, Gorée étant une île, il nous faut donc prendre un bateau, je vous laisse imaginer les vagues et notre état d’esprit avant d’embarquer. Tous assis à l’intérieur, certains tentent le pont mais changent vite d’idée. On regarde au loin l’île pour ne pas perdre nos regards sur les vagues ou penser aux secousses.
Pieds à terre, on respire enfin et on s’active pour commencer nos visites car ces aventures ont englouti pas mal de temps. On commence par la maison des esclaves, l’histoire du lieu nous est expliquée par un guide et nous sommes tous captivés. Cette bâtisse dégage une nostalgie historique bien difficile à encaisser et nous pousse à nous questionner sur la pratique de l’esclavage et ses effets sur le développement du Sénégal et à plus grande mesure de l’Afrique Noire. On fait ensuite une halte au restaurant pour se rassasier et repartir de plus belle à la découverte des trésors de l’île. Malheureusement il nous reste que trop peu de temps pour apprécier la beauté et la richesse culturelle de Gorée et c’est avec un énorme sentiment de frustration que nous reprenons le bateau pour Dakar.
Telle une récompense pour cette laborieuse journée, nous sommes ensuite tous invités à diner chez la mamie d’AS, un riz accompagné de légumes et de poulet, un repas bien mérité dont nos papilles sont plus que ravies. Pour agrémenter ce festin, la sœur d’AS nous apporte les vêtements que nous avions commandés chez la couturière. Apres l’émerveillement et nos défilés, nous reprenons la route pour Malika…
Manon et Nassima, le 18 aout 2010.