Un an après les violences urbaines
LE RIP (Résister Insister Persister) est une association à vocation
socio-culturelle, pédagogique et solidaire. Elle a vu le jour en 1998 dans
les cages d'escaliers, les halls et les parkings du Val de Fontenay
(94).
Le RIP rassemblait initialement des amis d'enfance, une dizaine de
jeunes âgés de dix-sept à dix-huit ans qui souhaitaient avant tout
diffuser leurs messages revendicatifs à travers la musique.
Après deux années d'existence, les membres de l'association prennent
conscience des inégalités notamment sociales de notre société. La musique
ne suffisait plus et les infrastructures proposées pour exprimer nos
revendications n'étaient plus adaptées.
Pour être cohérent, le RIP décide alors de s'ouvrir au potentiel énorme
qui l'entoure dans des domaines très différents (la solidarité, le
sport, le social, l'éducation) parce que nous étions alors conscient que la
radicalisation des rapports avec la police, le manque de rèpères de la
jeunesse et l'absence de confiance envers la politique proposée pour
les jeunes pouvaient amméner à des situations de ruptures.
L'association RIP a alors décidé de mettre en place plusieurs activités
(aides aux devoirs et sorties extra-scolaires pour les enfants de la
ville, séjours de courte durée, cours de boxe chinoise et de Pancrace,
repas de quartier, séjours de solidarité au Sénégal en 2001 ainsi qu'au
Brésil en 2003 et 2006, parcours sportif en Chine en 2002, aide au
développement d'une école communautaire au Sénégal depuis 2004, échanges
internationaux, organisation d'une tournée de deux groupes brésiliens sur
la région parisienne, sensibilisation dans les collèges et les lycées,
journée du "Bonjour", collectes pour les foyers de sans abri mais
également pour des pays étrangers en situation de grande détresse comme
l'Iran, le Maroc ou encore le Soudan, tout ceci, dans l'espoir de valoriser
la créativité des jeunes afin de les rendre plus confiants et autonomes
dans leurs démarches professionnelles ou scolaires. Ces activités
s'inscrivent toujours dans le cadre de la lutte contre les discriminations,
l'exclusion et le rascisme.
Pour aller plus loin dans ce sens, l'association RIP a de nouveau
élargi ses compétences pour aider en 2004 les jeunes du quartier des Larris
à la création de l'association Sécurip devenue Sécurisdi (en hommage à
nos amis disparus tragiquement), association de sécurité pour
évènementiel.
Les décès de nos amis Fayçal Hachouche et Ismael Konkombo la même année
a été un signal fort qui nous a alerté sur les risques de la fragilité
psychologique que certains jeunes habitants des quartiers sensibles
peuvent avoir. Au regard des discussions que nous avons eu avec nos amis,
ce mal être est principalement dû à la stigmatisation dont ils étaient
victimes et au manque d'opportunités d'insertion professionnelle . Ce
mal être peut conduire à des mouvements de foule incontrolables
entrainant certains d'entre eux à actes de desespoir. Nous pensons que ce
facteur n'est pas assez pris en compte et qu'il est essentiel pour améliorer
nos conditions de vie.
Le travail des acteurs de terrain est déterminant, mais sa coopération
avec des psychologues spécialisés est indispensable.
Un mois plus tard , nous avons aidé à la création de l'association CEF
(critère d'existence fondamentale), qui avait pour objet d'accompagner
et orienter les jeunes souffrant de troubles psychologiques et de
dénoncer les dérives de l'hospitalisation psychiatrique. Mais le manque de
moyen humains et financiers alloués aux associations ne nous a pas
permis d'aller plus loin. Nous avons plus tard contacter l'association
Unafam, qui fait maintenant des permanences à la salle intergénérationelle,
mais ceci n'est pas assez!
En septembre 2004 l'association Résister Insister Persister lance la
journée du Bonjour, action citoyenne qui a l'ambition de recréer du lien
social entre les habitants, en réponse aux élections du 21 avril 2002
marquées par la montée des extrêmes en france, nous sommes convaincus
que ce choix a été motivé par le manque de communication principalment
visibles dans les grandes villes françaises, et la campagne
présidentielle qui avec sa politique du tout sécuritaire à dénoncer un problème
grave mais en même temps, a accru le sentiment de stigmatisation ressenti
par une partie de la population française. Cette journée est marquée par
la traditionnelle photo de la paix que nous avons appellée "Paix dans
les quartiers".
Les violences urbaines de novembre 2005 ont été un deuxième signal fort
qui ont malheureusement conforté nos craintes par rapport à cette
montée de désespoir de la jeunesse française. Ces évenements ont marqué le
début de notre mobilisation citoyenne qui a pour objectif de pousser la
jeunesse à s'investir dans la vie de leur quartier, interpeller les
institutions sur le rôle des associations locales...
Aujourd'hui, après huit ans d'existence et d'actions menées nous
voulons plus que jamais participer au débat pour que vivre ensemble devienne
une réalité dans notre ville , dans notre département en y apportant
notre expérience d'acteur de terrain mais nous souhaitons également
pouvoir nous ériger en vériatble "force de proposition".